Les haltérophiles soviétiques dans les compétitions internationales

Résultats des compétitions internationales Amitié-84

Iou. A. Sandalov, entraîneur d'État ; S. I. Lelikov, chef du groupe scientifique complexe

Résumé français de Tyazhelaya Atletika. Ezhegodnik 1985 (Moscou : Fizkultura i Sport, 1985), p. 12–16 : le texte est une paraphrase, non une traduction ; les tableaux de données sont repris intégralement avec des intitulés français ; les illustrations sont les images originales.

Aux Jeux olympiques de 1976 et de 1980 et aux compétitions internationales Amitié-84, les haltérophiles soviétiques ont remporté 17 médailles d'or et 9 d'argent. Ce résultat repose sur une pratique de masse, des salles spécialisées modernes, de nombreux entraîneurs et un système de préparation scientifiquement fondé. L'URSS compte plus de 3,000 maîtres des sports et environ 100 de classe internationale, et au cours des quatre dernières années plus de 2,500 athlètes ont obtenu pour la première fois la norme de maître et plus de 100 celle de classe internationale (tableau 1). La progression est la plus rapide chez ceux qui y parviennent avant 20 ans, vivier de la plupart des candidats à l'équipe nationale.

Tableau 1. Développement de l'haltérophilie en URSS, 1981–1984

IndicateurAnnée
1981198219831984
Nombre d'haltérophiles332,030330,901339,382349,254
Nombre de pratiquants dans les écoles de sport pour enfants et jeunes et les écoles de réserve olympique40,91440,71346,30953,362
Nombre d'entraîneurs2,5732,8402,8363,038
Nombre de salles spécialisées1,3931,1911,2211,262
Obtention pour la première fois de la norme de maître des sports633612592456
Obtention et confirmation de la norme de maître des sports de classe internationale40788973

Les deux derniers cycles olympiques (1977–1980, 1981–1984) ont confirmé l'URSS et la Bulgarie comme les équipes les plus fortes, la Hongrie, la RDA, Cuba, la RPDC, la Pologne et la Tchécoslovaquie se montrant fortes dans certaines catégories. En 1984, les records du monde du total appartenaient à des Soviétiques dans cinq des dix catégories, à des Bulgares dans quatre et à un Est-Allemand dans une, et les dix meilleurs mondiaux montrent une nette avance soviétique, surtout dans les catégories lourdes. L'haltérophilie soviétique affiche des résultats en hausse, davantage d'élèves des écoles de jeunes, de meilleures installations et un contingent plus jeune. Le succès de l'équipe doit aussi beaucoup à l'application du plan directeur de préparation olympique et des plans individuels, et à la collaboration des entraîneurs avec le groupe scientifique.

Au cours de ce cycle, les charges de l'équipe nationale ont nettement augmenté et un système de planification unique a été introduit ; le volume annuel prévu est passé de 18,000 à 24,000 levers, dont plus de 600 à 90 % ou plus. La préparation visait les Jeux olympiques XXIII, mais en raison de l'attitude anti-olympique de l'administration américaine et des violations de la Charte olympique, les athlètes soviétiques et ceux d'autres pays socialistes n'ont pas pu y participer, ce qui a pesé sur les résultats. Le tableau 2 montre que, dans plusieurs catégories, même les médaillés de bronze d'Amitié-84 ont battu les champions olympiques. Sur 30 records du monde battus à cette occasion, 18 étaient soviétiques et 12 bulgares.

Tableau 2. Totaux des médaillés d'Amitié-84 et des Jeux olympiques XXIII (kg)

CompétitionPlaceCatégorie de poids de corps, kg
52566067.57582.590100110Plus de 110
Jeux olympiques XXIII1er235267.5282.5320340350392.5385390412.5
2e235265280312.5335342.5360382.5380410
3e232.5252.5272.5312.5332.5340352.5367.5377.5397.5
Compétitions internationales Amitié-841er252.5297.5322.5*337.5377.5*405*422.5*427.5442.5*465
2e232.5295315335362.5385400390427.5462.5
3e232.5230295315340370375385412.5415

* Record du monde du total. Tel qu'imprimé (y compris 230 à 56 kg, 3e).

Les deux équipes ont été renouvelées. Parmi les participants aux Jeux olympiques XXII, seuls Iou. Sarkissian, Iou. Vardanian et L. Taranenko sont restés dans l'équipe soviétique, renouvelée à 70 %, dont l'âge moyen était de 24 ans. La Bulgarie a aligné trois médaillés de 1980 (Ia. Roussev, A. Zlatev, B. Blagoev) et affichait une moyenne de 22 ans. Depuis ces Jeux, les totaux ont progressé dans chaque catégorie de 7.5 à 45.0 kg (sauf à 67.5 kg). Dans la plupart des catégories (56 à 90 kg, sauf 52 et 100), les deux équipes étaient pratiquement à égalité en préparation physique, technique et psychologique, et c'est la tactique qui a décidé de l'issue.

O. Mirzoian
O. Mirzoian.

L'URSS n'avait personne à 52 kg. Le Bulgare N. Terziiski l'a emporté de 20 kg avec 252.5, devant B. Pikorz (Pologne) et B. Olah (Hongrie). À 56 kg, N. Souleymanov (Bulgarie) et O. Mirzoian (URSS) ont tous deux arraché 132.5 kg, soit 1 kg de plus que le record du monde, et à un essai supplémentaire Mirzoian est monté à 133. Souleymanov étant plus léger, Mirzoian avait besoin d'un jeté de 2.5 kg plus lourd. Ils ont ouvert à 165 et 162.5 kg et ont tous deux tenté un record à 170.5 ; Souleymanov l'a réussi à un essai supplémentaire, pour un total de 297.5 kg contre 295 à Mirzoian.

Iou. Sarkissian
Iou. Sarkissian.

À 60 kg, Iou. Sarkissian, plus léger que S. Topourov mais plus lourd que A. Kodzhabashev, a ouvert l'arraché à 135 kg après que les deux Bulgares avaient réussi 130 et 132.5. Un tirage mal synchronisé lui a coûté un essai de record, et bien qu'il ait ensuite levé 140 kg, le record est revenu à Topourov, qui l'avait atteint le premier. Sarkissian n'a réussi que 175 kg au jeté, à son troisième essai, après des erreurs dans la poussée de la barre depuis la poitrine. Topourov a établi des records du monde à 182.5 et 185 kg et un record du total à 322.5 kg ; Sarkissian a totalisé 315 kg et Kodzhabashev 295.

À 67.5 kg, la Bulgarie alignait Ia. Roussev et A. Varbanov, et V. Grachev concourait en individuel pour l'URSS. Les deux Bulgares ont arraché 145 kg, Grachev 152.5, mais 157.5 kg, au-dessus du record du monde, lui a échappé à deux reprises. Au jeté, les Bulgares étaient nettement plus forts : Grachev 182.5 kg, Roussev 192.5 et Varbanov, à un essai supplémentaire, un record du monde à 200. Totaux : Roussev 337.5 kg, Varbanov et Grachev 335 chacun.

V. Kouznetsov
V. Kouznetsov.

Les entraîneurs comptaient sur le recordman du monde de l'arraché V. Kouznetsov (75 kg), mais il manquait d'assurance à l'arraché, ne réussissant 162.5 kg qu'à son deuxième essai et manquant 170 (2.5 kg au-dessus du record) ; Z. Stoïtchkov a réussi 167.5 et menait. Au jeté, Kouznetsov a levé 200 kg et Stoïtchkov 202.5, puis 207.5 et 210, pour un total record du monde de 377.5 kg. Kouznetsov, plus léger, avait besoin de 215 kg pour gagner mais n'était pas prêt physiquement ni psychologiquement et a échoué deux fois. Stoïtchkov a ajouté un record du monde à 211 kg à un essai supplémentaire.

Après cinq catégories, la Bulgarie comptait 5 titres, 1 médaille d'argent et 1 de bronze, et l'URSS trois médailles d'argent. Le tournant est venu avec Iou. Vardanian à 82.5 kg, qui a établi des records du monde de 182.5 kg à l'arraché, de 224 à l'épaulé-jeté et de 405 au total. A. Khrapaty, concourant en individuel, a lui aussi établi des records (arraché 181 kg, total 402.5), tandis que A. Zlatev n'a atteint que 385 kg. À 90 kg, V. Solodov a gagné avec des records du monde de 233 kg (jeté) et de 422.5 (total), 22.5 kg devant B. Blagoev. La Bulgarie n'avait personne à 100 kg. P. Kouznetsov menait, mais le manque de concurrence et la lutte tactique pour les places par équipes l'ont freiné ; il n'a établi qu'un seul record, 241.5 kg au jeté. Ses 427.5 kg ont battu A. Shanai (Hongrie), 390, et M. Tchernik (Tchécoslovaquie), 385.

Iou. Zakharevitch
Iou. Zakharevitch.

À 110 kg, trois Soviétiques et deux Bulgares se sont affrontés : L. Taranenko et Iou. Zakharevitch pour l'URSS, V. Kravtchouk en individuel ; Ia. Gueorguiev pour la Bulgarie, V. Osikovsky en individuel. Zakharevitch a établi un record d'arraché à 197.5 kg, Taranenko a répondu par 200 et Zakharevitch a réussi 200.5 à un essai supplémentaire. Au jeté, les deux Soviétiques ont ouvert à 230 kg et Taranenko est monté à 242.5. Zakharevitch l'a sauté et a échoué deux fois à 245, apparemment pas encore remis psychologiquement d'une opération du coude. Taranenko a totalisé un record du monde de 442.5 kg, Zakharevitch 427.5 et Gueorguiev 412.5. Les Soviétiques ont aussi pris la première et la deuxième place chez les super-lourds, R. Skolimowski (Pologne) étant troisième avec 415 kg. L'URSS a terminé avec 5 titres et 5 médailles d'argent, la Bulgarie avec 5 et 3.

Tableau 3. Fiabilité des haltérophiles bulgares et soviétiques à Amitié-84 (% des essais réussis)

Haltérophiles bulgaresHaltérophiles soviétiques
Haltérophile, catégorie de poidsArrachéÉpaulé-jetéTotalHaltérophile, catégorie de poidsArrachéÉpaulé-jetéTotal
N. Terziiski, 52573350O. Mirzoian, 561003067
N. Souleymanov, 561003367Iou. Sarkissian, 60673350
S. Topourov, 601006783V. Kouznetsov, 75333333
A. Kodzhabashev, 60336750Iou. Vardanian, 82.5100100100
Ia. Roussev, 67.56710083V. Solodov, 906710083
A. Varbanov, 67.5676767P. Kouznetsov, 100676767
Z. Stoïtchkov, 75100100100L. Taranenko, 1101006783
A. Zlatev, 82.5673350Iou. Zakharevitch, 110673350
B. Blagoev, 90336750
Ia. Gueorguiev, 1103310067
Moyenne de l'équipe666767755866

Le tableau 3 montre les Soviétiques plus fiables à l'arraché (75 %), mais les Bulgares à l'épaulé-jeté (67 % contre 58 %), ce qui suggère que la préparation bulgare accorde plus d'attention à ce mouvement. Pour améliorer la fiabilité, les haltérophiles des catégories légères (52–75 kg) ont besoin de davantage de levers à 90–100 % (jeté depuis la poitrine) juste avant les grandes compétitions, et personne ne devrait dépasser la limite de sa catégorie de plus de 3–4 kg.

Dans l'ensemble, les hauts résultats doivent beaucoup à un système ciblé de préparation des candidats, mais tous n'ont pas réalisé leur potentiel. Les principales lacunes touchent la préparation psychologique, les méthodes de perte de poids et le jeté depuis la poitrine. Autre problème aigu : le maigre vivier d'haltérophiles des catégories légères (52–75 kg), imputé aux organisations sportives et aux entraîneurs des républiques, des sociétés syndicales et des ministères, qui ne sélectionnent ni n'entraînent de façon ciblée les athlètes de petite taille.